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Le Sommet de Kampala et ses decisions-propositions ...

Le sommet des Etats des Grands Lacs s'est achevé mercredi à Kampala, sans que le communiqué final fasse état de progrès sur la très hypothétique force neutre censée éradiquer les groupes armés dans l'est de la RDC. JKK et Kagame avaient tous deux accepté mi-juillet le principe d'une force impartiale dans l'est de la RDC, lors d'un précédent sommet de la CIRGL organisé en marge d'un sommet de l'UA à Addis Abeba. Comme c’était le point essentiel de l’ordre du jour, autant dire que Kampala n’a servi à rien. Tenir cette conférence de Kampala pour créer cette très hypothétique force neutre avait été la seule décision prise au sujet de l’Est de la RDC à Addis Abeba, qui n’a donc pas eu davantage d’utilité.

Le sommet a pris les décisions que voici :

 

1. mener des actions vigoureuses de façon à faire cesser définitivement les combats dans l’Est de la République Démocratique du Congo, sans exclure la possibilité de prise de sanctions à l’endroit de ceux qui obstruent le processus de paix ;

 

2. appuyer les efforts du Gouvernement de la République Démocratique du Congo pour la restauration de la paix et de la sécurité dans l’Est de la République Démocratique du Congo ;

 

3. mettre sur pied un sous-comité des ministres de la Défense des Etats membres suivants : la République d’Angola, la République du Burundi, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, la République du Rwanda, la République d’Ouganda et la République Unie de Tanzanie.

 

Le sommet a confié à ce sous-comité deux missions principales consistant à arrêter des actions urgentes pour faire cesser les combats définitivement, de manière à ramener une paix durables en RDC, et à proposer des éléments précis pour rendre opérationnelle la Force Internationale Neutre.

 

Le chronogramme confectionné à cet effet prévoit un délai de deux semaines au terme duquel le sous-comité présidé par le ministre ougandais de la Défense va devoir « soumettre un rapport intérimaire au Président en exercice de la CIRGL »et un autre délai de quatre semaines au terme duquel le même sous-comité doit « soumettre son rapport final au Sommet des Chefs d’Etat de la CIRGL ». Ceci pour la quatrième décision.

 

Pour la cinquième, le sommet demande « au Président en exercice de la CIRGL de bien vouloir continuer ses consultations, notamment pour le rétablissement de l’Equipe d’Envoyés spéciaux et la consolidation de la paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo ».

 

La sixième et la septième décisions portent sur l’assistance humanitaire à travers la création d’un Fonds d’assistance aux populations sinistrées. Les Etats membres de la Conférence et les partenaires sont encouragés à y participer. L’Ouganda a pris l’engagement d’y verser un million de dollars Us. Le sommet préconise l’accessibilité de l’aide humanitaire à ces populations, entre autres par la non-obstruction des voies de communication par route, par air et par eau.

 

Les présidents de la RDC Joseph Kabila et du Rwanda Paul Kagame - qui s'accusent mutuellement de soutenir des groupes armés hostiles - et les autres pays participants se retrouveront dans quatre semaines, a déclaré le président ougandais Yoweri Museveni, en clôturant le sommet, commencé la veille.

Les dirigeants de la CIRGL, selon le même communiqué, ont mis sur pied un sous-comité ministériel chargé de fournir des détails sur la mise en œuvre de la force internationale neutre.

Le sous-comité, présidé par le ministre ougandais de la Défense et composé de ses homologues d'Angola, du Burundi, du Congo, de RDC, du Rwanda et de Tanzanie, devra également proposer des mesures urgentes concrètes pour permettre un arrêt complet des combats dans l'est de la RDC, toujours selon le texte du communiqué final. Il devra rendre son rapport final lors du prochain sommet, est-il précisé. Les représentants des onze pays membres de la CIRGL se disent déterminés à rechercher des solutions maison aux problèmes de la région des Grands Lacs « via nos mécanismes régionaux »,dans ce texte qui ne mentionne à aucun moment l'ONU ou l'UA.

La structure et les modalités opérationnelles d'une telle force, censée combattre les mutins congolais du M23, ainsi que les rebelles rwandais des FDLR, hostiles au régime du président Kagame, restent à définir. Le Kenya, le Burundi et l'Ouganda sont déjà pourvoyeurs de troupes pour combattre les insurgés islamistes en Somalie. Le Soudan n’a pas vraiment des troupes en trop car la guerre intra-soudanaise pourrait reprendre. Rwandais et Ougandais ne sont par perçus comme « impartiaux ».

La tâche est rendue d'autant plus difficile que Kinshasa et Kigali ont une conception très différente de ladite force censée également surveiller leur frontière commune. La participation de la Monusco à cette force impartiale figurait parmi les solutions étudiées. Une solution qui avait les faveurs de Kinshasa, alors que Kigali n'a pas ménagé ses critiques contre la Monusco, accusée de partialité. Dans un récent rapport, l'ONU a nommément accusé les autorités rwandaises de soutenir le M23, ce que Kigali a démenti.

 

Kampala / commentaires de la presse

 

Digitalcongo titre « Joseph Kabila réussit à imposer la Force internationale neutre… », une façon comme une autre de changer, dans les mots, une défaite en victoire. La force internationale neutre est une décision déjà prise à Addis Abeba, dont il ne fallait plus convaincre personne, puisque les participants étaient là pour ça.

 

Il termine ainsi son article « Note insolite : pendant le dernier round du sommet de Kampala, le M.23, a laissé entendre un journaliste expert de la question des Grands Lacs, a fait état de l’information livrée en boucle par une radio émettant au Nord Kivu au sujet des négociations entamées dans la capitale ougandaise entre la délégation gouvernementale congolaise et la « mutinerie ».

 

« C’est possible, puisque c’est par personne interposée ! », a répondu un autre journaliste comme pour faire porter les regards vers la délégation qui aurait tenté de faire retirer le M.23 de la liste des forces négatives !

 

La Déclaration du sommet de Kampala est pourtant claire : c’est le M.23, et le M.23 seul qui est cette fois-ci concerné ! »

 

(On a dit le M.23, et le M.23 seul, on n’a pas dit ce que tout le monde sait : le M.23, c’est Kagame. En cela consiste la défaite du Congo. NdlR)

 

 

La raison pour laquelle on met ainsi JKK en avant est évidente : il s’agit de « rapiécer » la légitimité que ne lui ont pas donnée les élections.

Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.

Dans ce cadre, il cherche à « surfer » sur la vague de nationalisme engendrée par la guerre de l’Est. Les circonstances se prêtent à de solennels appels à l’unité nationale, au regroupement de tous autour du drapeau. Il est d’ailleurs à remarquer que JKK a sa part dans le déclenchement de l’affaire M23, puisque celle-ci a fait suite à l’annonce de sa volonté d’arrêter Bosco Ntaganda.

Cela comporte toutefois un risque, et même un risque inutile. Une République présidentielle, façon V° RF, ce qui est sur le papier le régime sous lequel vit la RDC, comporte un « fusible » : le Président n’est pas seul responsable de tout. Il partage cette responsabilité avec un gouvernement, particulièrement avec un PM, exposé à plus de risques puisqu’il peut être renversé par le Parlement. En se mettant sans cesse en avant, JKK ne s’expose pas seulement au ridicule par la faute de propagandistes trop zélés, il court le risque d’un « retour de flamme » quand on se rendra compte que ses « succès » étaient en fait des échecs.

 

 

Même L’Avenir, qui n’est en rien suspect d’opposition au « joséphisme », se montre plus nuancé. Il titre : « Les Chefs d’Etats de la CIRGL décident : Un comité des ministres de la Défense pour étudier le projet de la « force neutre » ; l’Angola, le Congo, le Kenya et la Zambie solidaires à la RDC ». Assez curieusement, ce titre à la Une est accompagné d’une photo, non des chefs d’état de la CRGL, mais de ceux, bien plus nombreux, de l’UA.
 

L’Avenir se livre à une évaluation de l’attitude des autres pays représentés à a conférence. Il rapporte que l’Angola a défendu la RDC au sommet de Kampala. Il n’était pas le seul. Le Congo/Brazzaville, le Kenya et la Zambie sont beaucoup intervenu en faveur de la RDC. Comme l’Angola, ces trois pays ont soutenu la RDC à bout de bras, écrit le journal. Quant au Rwanda et au Burundi, poursuit L’Avenir, ils ont été naturellement virulent à l’endroit de la RDC.« Le contraire aurait étonné plus d’un. C’est une façon pour eux de continuer à montrer à l’opinion internationale qu’ils n’y sont pour rien dans ce qui arrive à la partie orientale de la RDC. S’agissant de l’Ouganda, sa position n’a pas été claire. Ce pays a joué au chat et à la souris changeant de langage selon les circonstances. C’est à l’hypocrisie que ce pays a joué et on ne peut pas trop compter sur son appui », conclut ce quotidien.

 

Le Potentiel titre à la Une:« Conférence de Kampala: l’échec! ».
Il avance quatre raisons pour expliquer ce qu’il considère comme étant un échec du sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL). Selon lui, « les caprices de Kagame exaspèrent ses soutiens occidentaux face au drame humanitaire vécu dans l’Est de la RDC, le poids de l’opinion publique congolaise qui veille au grain voire aux détails, le quorum des chefs d’Etat présents à ce sommet sème le doute sur leur adhésion à la démarche. Enfin, Kampala est considéré comme juge et partie. Encore du temps perdu ! ».

Le journal explique que pour une fois, Kigali n’a pas trouvé gain de cause dans ses revendications. Kinshasa est ainsi parvenu à le faire fléchir.
 

Le Potentiel atténue néanmoins cet échec et affirme qu’une brèche a vite été trouvée à Kampala pour camoufler l’échec de cette rencontre. Un sous-comité, composé des ministres de la Défense de la CIRGL, a été mise en place, avec pour principale mission de proposer des pistes de solutions pour «l’opérationnalisation» de la Force internationale neutre.

Et lui aussi se livre à sa petite évaluation des partenaires de la RDC, en particulier Museveni. Il écrit : « Pour une fois, Kigali n’a pas trouvé gain de cause dans ses revendications. Kinshasa est ainsi parvenu à le faire fléchir. Raison de plus pour s’interroger sur les raisons de la dérive de Kampala. Quatre cas de figure se présentent en vue d’un décryptage objectif de cette situation.

La première hypothèse est à chercher du côté de Kigali. En effet, depuis un temps, Kagame ne passe plus pour «l’enfant chéri» des Occidentaux. Les mêmes qui l’ont fait «Roi» dans la région des Grands Lacs, comme avec Mobutu, ne sont plus disposés à le soutenir dans l’option levée de faire perdurer l’instabilité dans l’Est de la RDC! La vérité est que le génocide rwandais de 1994 que Kagame a toujours utilisé comme fonds de commerce pour légitimer son action dans la sous-région ne convainc plus. Les millions de morts enregistrés dans l’Est de la RDC dérangent la conscience internationale. Longtemps placé dans la position de victime, Kagame s’est révélé au grand jour comme le principal bourreau dans la région des Grands Lacs. Il passe désormais pour la variable de déstabilisation des Grands Lacs. C’est prenant en compte cette donne que ses principaux soutiens, entre autres, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et bien d’autres, ont fini par l’abandonner. Les suspensions successives des aides bilatérales font foi !

Au-delà de la pression extérieure exercée sur Kagame, l’opinion publique congolaise a également pesé dans les choix de Kampala. La «marche de l’espérance»organisée par l’Eglise catholique le 1er août 2012 a été l’électrochoc dans l’attitude adoptée par Kinshasa. La délégation congolaise se savait suivie par une opinion désormais très regardante quand il s’agit de la question des provinces du Kivu et de toute la partie orientale du pays.

A Kampala, le gouvernement congolais n’avait pas d’autre choix que celui de se soumettre à la volonté populaire, clairement exprimée, via les médias, l’Eglise catholique et diverses autres Organisations de la Société civile. Agir autrement serait faire preuve de trahison envers un peuple, dont plus de neuf millions sont déjà tombés sur le champ de bataille de l’Est.

Mais à Kampala, la question de quorum n’a pas été en faveur de l’agenda de Kigali. Car, seuls cinq chefs d’Etat de la CIRGL ont fait le déplacement de la capitale ougandaise. Comment dans ces conditions adopter une résolution opposable à tous ?

Loin de toutes ces hypothèses, il y a aussi le président ougandais Museveni qui aurait, visiblement, refusé de jouer le mauvais jeu. Un peu comme le Ponce Pilate pour couvrir les forfaits de son voisin, le Rwanda. Même si Kampala fait partie, dans les coulisses, des soutiens au M23, Museveni cherche encore à protéger son image pour se refaire un crédit sur le plan international.

Le tout récent passage à Kampala de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, devrait être pour beaucoup dans cette attitude affichée par Museveni. Kampala joue certainement sa carte, avec ambition de se positionner comme point focal de la politique américaine dans les Grands Lacs. Museveni le sait. Il n’y a donc pas de raison pour lui d’alourdir son passif en se lançant aveuglement dans l’aventure de Kagame. L’échec des négociations pourrait bien se justifier de ce point de vue. Que faire alors à Kinshasa pour capitaliser cet acquis de Kampala. Maintenir la pression en se cambrant davantage sur la ligne de conduite qui accentue l’isolement de Kigali. Il s’agit donc pour le gouvernement congolais de garder le cap, en refusant de tomber, une fois de plus, sous le charme des chants de cygne de Kigali ».

 

Le point de vue de « l’échec » est partagé par L’Observateur. Présenté comme le sommet de l’espoir pour les populations meurtries du Nord Kivu en proie à la guerre, le sommet organisé mercredi à Kampala n’a pas tenu toutes ses promesses. Selon le journal, les dirigeants de CIRGL, entre autres Joseph Kabila, Paul Kagame, Yoweri Museveni,… n’ont pas accordé leurs violons sur le point le plus important inscrit à l’ordre du jour à savoir la force internationale neutre à déployer le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC.

 

La Prospéritéexplique que ce sous-comité présidé par l’Ouganda devra proposer des éléments précis sur l’opérationnalisation de cette force dans deux semaines au président en exercice de la CIRGL et quatre semaines, pour soumettre son rapport final au Sommet des Chefs d’Etat de la CIRGL.

Outre la problématique de la force internationale neutre, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé, entre autres, de mener des actions vigoureuses de façon à faire cesser définitivement les combats dans l’Est de la RDC, sans exclure la possibilité de prise de sanctions à l’endroit de ceux qui obstruent le processus de paix.

Huit grandes résolutions ont été prises à l’issue des discussions, fait savoir La Prospérité. Kampala a décidé, en effet, de mettre sur pied un Sous- Comité des Ministres des Défenses qui a pour mandat d’arrêter des actions urgentes à mener afin que les combats cessent définitivement dans l’Est de la RDC, ainsi que d’arriver à la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité.

Ce faisant, poursuit La Prospérité, les Ministres de la Défense, membres du Sous- Comité, ont donc deux semaines pour soumettre un rapport intérimaire au Président en exercice de la CIRGL et quatre semaines, pour soumettre son rapport final au Sommet des Chefs d’Etat de la CIRGL.

Ce que l’on craignait s’est finalement produit, indique Le Phare, journal proche de l’opposition. A savoir, l’impossibilité d’un compromis entre la Rdc et le Rwanda au sujet de la configuration de la « Force neutre ». Le Rwanda s’est opposé à l’idée de constituer cette force neutre autour d’un noyau appelé« Monusco ».

 

Divers

« M23 : la Monusco condamne le recrutement d’enfants et des jeunes ». L’Avenir qui donne cette information dit que le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme et la section protection de l’enfant de la Monusco dénombre 26 enfants dont la plupart est âgé de 14 ans et moins.

« Nord-Kivu : les Fardc se déploient autour de Goma », mentionne à la Une le journal Le Potentiel. L’objectif est d’empêcher toute infiltration des rebelles du M23 dans cette ville.

Le Palmarès parle de l’attaque de l’aéroport de la Loano à Lubumbashi où le bilan fait état de trois morts et quelques blessés.

« Alerte rouge en Rdc : Tuberculose, rupture des stocks des médicaments »,écrit Le Phare. Connaissant l’impact social et les séquelles que laisse une tuberculose non prise en charge ou mal soignée, certains médecins et responsables de services de santé ont manifesté à ce sujet devant la presse.

« Ituri : la société civile salue la réparation des crimes de Thomas Lubanga » , note le site web de Radio Okapi.

La société civile de l’Ituri s’est félicitée, ce mercredi 8 août, de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’entamer le processus de réparation au profit des victimes des crimes commis par l’ancien chef de guerre Thomas Lubanga.

 

 

©CongoForum, le jeudi 9 août 2012

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